Imaginons la situation : un professeur de musique choisit avec ses élèves de 10 et 11 ans une chanson d’Edith Piaf, l’Hymne à l’amour, pour un spectacle de fin d’année. À ce stade, rien à dire c’est un excellent choix dans une thématique sur l’amour.

Là où les choses se corsent, c’est quand le prof panique à devoir faire face à d’éventuelles contestations de la part de tous et chacun et décide de bannir la dernière phrase de la chanson : < DIEU réunit ceux qui s’aiment>, sous prétexte qu’il n’enseigne pas la religion mais la musique. Il aurait pu simplement changer de chanson mais non, il attire l’attention en signalant la présence du mot DIEU dans la phrase finale et pervertit ainsi l’œuvre musicale en la soustrayant.
À mon sens, il n’a pas seulement manqué de jugement, il a manqué son coup parce que tout le monde en parle désormais et même trois ministres du gouvernement du Québec, dont celle de l’Éducation, se dont relayées pour condamner le choix du professeur.
Dans un récent billet (no.166), je dénonçais le fait de proscrire la comptine AU CLAIR DE LA LUNE, dans les CPE subventionnés, sous prétexte qu’une partie du refrain disait : < pour l’amour de Dieu >. À ce moment-là et dans le cas d’aujourd’hui, on ne voulait pas offenser une certaine laïcité et on se prêtait à ce genre d’accommodement.
Mais au fait de quel Dieu parle-t-on ?
Voilà où cela nous mène lorsque ce n’est pas le jugement qui nous étouffe ou, dans le cas du professeur de musique, il projette les effets d’une laïcité mal comprise en bannissant toute allusion à Dieu.
Aurait-on idée d’effacer le mot DIEU de toute la littérature disponible, de toutes les œuvres d’art qui nous ont été léguées, de toutes les musiques ou chansons qui en font état ? Non..., seulement une petite graine à la fois pour que de façon insidieuse, petit à petit, on en vienne à prendre nos distances de nos valeurs propres et satisfaire les nouveaux arrivants qui, eux, ne se gênent pas pour afficher leur couleur ainsi que leur croyance.
Pourtant, cette laïcité à outrance n’est qu’une simple attitude d’accommodement insignifiant.
Aie ! Oui à la laïcité mais pas au détriment de nos valeurs , de notre histoire religieuse et de la qualité des œuvres artistiques.
POINT FINAL !
Quant à lui, Pierre Foglia, journaliste à la Presse émet la suggestion suivante:
Si j'étais prof et que j'avais à donner à mes étudiants un cours sur l'amour, je leur ferais lire un petit livre d'Anne Hébert, son plus beau roman en fait, plus beau que Les fous de Bassan - cela s'appelle Aurélien, Clara, Mademoiselle et le Lieutenant anglais.
Mais ce n'était pas un cours sur l'amour mais simplement un cours de musique !






